Conférences Ekphrasis: Écrire sur l'art : Anne-Marie Ninacs, "Apprendre à vivre en écrivant sur l’art" (19 février 2018)

19 février 2018

Conférence
Ekphrasis: Écrire sur l'art
Université Laval, Local 5242
Lundi 19 février, 14h-15h30

"Apprendre à vivre en écrivant sur l’art"

Anne-Marie Ninacs, historienne de l'art, commissaire et professeure à l'École des arts visuels et médiatiques de l'UQÀM

 

La motivation récurrente de mon travail d’historienne de l’art et de commissaire depuis vingt ans est de présenter les œuvres et les démarches artistiques comme des formes visibles qui contiennent des propositions quant à la manière de conduire la vie humaine. C’est cette éthique intimement liée à la production et à la présentation d’une œuvre d’art qui me fait dire qu’on peut « apprendre à vivre » à son contact.

Pour cette conférence, j’aimerais expliquer plus précisément comment, en ce qui me concerne, l’historienne de l’art qui se penche sur une œuvre par son acte d’écriture est la première à se mettre ainsi en état d’apprentissage éthique : elle n’explique pas par écrit à ses lecteurs ce qu’elle sait déjà de l’art ; c’est plutôt en écrivant qu’elle apprend un art de vivre de l’artiste, de l’œuvre et de son propre effort créateur. J’envisage donc une présentation très concrète, prenant appui sur des livres et des méthodes de travail spécifiques, qui fera voir comment s’est constitué au fil des années mon parcours dans l’écriture, pratique fondamentale de la discipline de l’histoire de l’art et pourtant si peu discutée. 

 

Notice biographique  

Anne-Marie Ninacs est historienne de l’art, commissaire et professeure à l’École des arts visuels et médiatiques de l’UQAM. Ses recherches portent sur l’art comme modèle éthique, sur le processus de création comme lieu de transformation de soi, et sur la réinscription de ces questions de nature subjective dans les méthodes de l’histoire de l’art. Elle a auparavant été conservatrice de l'art actuel au Musée national des beaux-arts du Québec (2002–2006), conservatrice au Musée d’art de Joliette, commissaire du Mois de la Photo à Montréal 2011, et responsable de la programmation Les commensaux au Centre des arts actuels SKOL de Montréal (avec Patrice Loubier). Elle a reçu de l’UQAM, en 2005, un prix Reconnaissance pour son engagement dans le milieu artistique québécois. 

Les travaux de recherche en art moderne, contemporain et actuel d’Anne-Marie Ninacs portent principalement sur la réintégration des notions de subjectivité, de conscience et de création dans le champ de l’histoire et de la théorie de l’art. Elle s’intéresse à une conception de l’œuvre d’art comme « outil d’existence » ou comme « modèle éthique », et à l’hypothèse sous-jacente qu’il est possible d’apprendre à vivre des œuvres d’art. Les domaines de recherche qui l’occupent s’articulent tous à cette conception de l’œuvre. En amont de l’œuvre, ils concernent les méthodologies de recherche-création, les modalités de la subjectivité et de la conscience, ainsi que les notions d’éthique et d’intention en relation avec l’acte de création. En aval, ils soulèvent des questions liées à la réception et à la médiation de l’œuvre, surtout afin d’ouvrir de nouvelles perspectives épistémologiques dans le champ de l’histoire de l’art – perspectives que viennent nourrir, à la manière d’un laboratoire de première main, ses pratiques d’écriture et de commissariat d’exposition.

  

Les Conférences Ekphrasis...

Quel est le sens du geste d’écrire sur l’art? Quelles relations cette pratique entretient-elle avec le discours de l’artiste et l’expérience du spectateur? Pourquoi, et pour qui, écrire sur l’art? Lorsqu’on touche l’épineux problème du rapport entre l’art et l’écrit, qui implique et dépasse celui de la relation entre textes et images, une chose semble certaine : l’art semble être paradoxalement animé d’un double pouvoir, celui de nous laisser sans voix, bouche bée, et cet autre de susciter le discours, comme en témoigne non seulement l’histoire de l’art, mais également la critique artistique, la philosophie et la production littéraire. Il s’agira cette année de s’interroger sur cette pratique ancienne, celle de prendre la parole devant un objet qui n’est pas d’emblée discursif, pour comprendre quelles sont ses visées au présent.

Informations: mathilde.bois.1@ulaval.ca / anne-julie.richard.1@ulaval.ca

Réalisation : Centre de services en TI et en pédagogie (CSTIP) (Université Laval)