Appel à communications: Peinture ancienne et humanités numériques (16 février 2018)

16 février 2018

Appel à communications
Conférence de l'Équipe du Digital Milliet
Université de Tufts
6-8 août 2018

Peinture ancienne et humanités numériques

Il est de notoriété que la peinture antique ne nous est connue presque uniquement par les textes. Ces textes d'auteurs de langue grecque ou latine, majoritairement datés des Ier-IIe siècles de notre ère, tels que Pline l'Ancien, Pausanias ou encore Philostrate, offrent des témoignages précieux qui nous ont permis d'établir (en partie) une histoire de la peinture grecque ancienne depuis ses origines. Bien sûr, ces textes ne nous apprennent pas tout ce que nous souhaiterions à propos de la peinture antique, car en l'absence des oeuvres elles-mêmes il est bien difficile d'écrire une histoire de la peinture qui soit dépourvue de suppositions ou d'approximations. Pourtant, l'archéologie nous a livré et nous livre encore de précieuses informations, d'une part par le biais d'un riche matériel iconographique (en particulier la peinture de vases mais aussi la peinture murale et la mosaïque) et d'autre part concernant les techniques employées pour le traitement de la couleur, grâce aux découvertes récentes des peintures funéraires macédoniennes. Ce matériel se confronte aux textes et confirme ou infirme ce que les auteurs anciens ont bien voulu nous dire sur la peinture : noms de peintres, techniques, titre et sujet des oeuvres, emplacement de ces oeuvres, circonstances de la commande etc. Bien plus que de rendre possible la reconstitution d' oeuvres à jamais disparues, les textes, confrontés au matériel iconographique et archéologique que nous possédons, permettent de replacer ces oeuvres dans leur contexte historique et culturel. C'est le pari lancé par le Digital Milliet : reprendre les textes grecs et latins à propos de peinture rassemblés dans les recueils constitués au début du XXe siècle à l'exemple du Recueil Milliet publié par Salomon Reinach en 1921, et de les confronter aux données archéologiques et historiographiques récentes que nous possédons afin d'offrir une approche et une lecture renouvelée de ces textes, souvent très bien connus des spécialistes.

Créer un corpus de textes consacré à un sujet en particulier n'est en soi pas fondamentalement nouveau, en revanche, le support numérique l'est car il offre une souplesse de travail indéniable. D'autant plus qu'il est possible de mettre à jour régulièrement les données proposées dans le recueil numérique. Fruit de deux années de travail, le Digital Milliet offre actuellement une cinquantaine de textes consacrés à la peinture antique auxquels s'ajoutent des images et des "mots-clés", qui permettent de créer des collections thématiques.

La conférence que nous proposons aura comme point de départ, le Digital Milliet en tant qu'outil de travail et alliera l'histoire de l'art aux Humanités Numériques. Deux pistes de réflexion seront donc mises en avant. Un premier volet consacré à la méthodologie et aux outils numériques, qui se propose de dresser un bilan des moyens et des méthodes de recherches en histoire de l'art ancienne. Autrement dit, comment faire de l'histoire de l'art antique à l'ère du numérique, lorsque l'abondance de données domine ? Quels outils, quelles méthodes devons-nous envisager? Quelles applications pour les ressources numériques ? Quels sont les apports d'une base de données telle que le Digital Milliet ?

Le second volet sera dédié aux questions scientifiques soulevées par la création du Digital Millet, et plus largement à la place occupée par les textes dans l'histoire de la peinture antique confrontés aux sources matérielles : que nous apprennent ces textes et surtout que ne nous apprennent-ils pas ? Cette section sera aussi consacrée aux questions historiographiques, et plus particulièrement aux choix interprétatifs (lecture du texte, notes, traductions) retenus par Adolphe Reinach dans son édition originale du Recueil Milliet. Il s'agira alors de remettre le Recueil Milliet dans son contexte de création afin d'en faire une lecture plus approfondie qui va au-delà de la simple réappropriation du corpus des textes qui y sont réunis.

Les communications proposées seront de 20 min chacune suivies d'une période de discussion de 5 min, et porteront sur l'un ou l'autre aspect évoqué plus haut, soit :

- outils numériques en histoire de l'art et études classiques

- méthodologie à l'ère du numérique

- enseignement, pédagogie

- étude de cas portant sur une oeuvre, un texte, un groupe de textes.

- nouvelles données archéologiques, interprétation iconographique, confrontation aux textes.

- nouvelle lecture des textes, interprétation du vocabulaire en lien avec les données archéologiques.

Un résumé de 350 à 500 mots accompagné d'une courte bibliographie indicative (1 page maximum) est attendu pour le vendredi 16 février 2018. Toutes les propositions seront envoyées par courrier électronique à l'adresse suivante : digmilconference@gmail.com.

Les réponses seront communiquées durant le mois d'avril 2018.

Réalisation : Centre de services en TI et en pédagogie (CSTIP) (Université Laval)