Appel à communications: Jouer le choc (15 janvier 2018)

15 janvier 2018

Appel à communications
1er colloque interdisciplinaire et transhistorique de l'ACSHA
UQÀM
20 avril 2018

Jouer le choc

« Le besoin de s’exposer à des effets de choc est une adaptation des hommes aux périls qui les menacent. »

– Walter Benjamin

Jouer, déjouer, re-jouer une oeuvre peut provoquer en certaines circonstances un choc chez le spectateur, c’est-à-dire un puissant sentiment susceptible de bouleverser. Le choc, associé à l’agentivité des oeuvres, peut être le fruit d’un choix artistique intentionnel, ou encore les conséquences d’une rencontre improbable entre un objet et un lieu, un objet et un temps.

L’effet de choc comme stratégie artistique peut être lié à un engagement politique, voire utopique. Une volonté de secouer la société permet à titre d’exemples, de célébrer le populaire contre l’élitisme, critiquer un passé colonial au profit d’une idéologie engagée et de transgresser les valeurs normatives d’une société. Cependant, il y a lieu de s’interroger sur cette volonté de choquer. Qu’en est-il de sa logique consumériste ? Quelle est, aujourd’hui, la portée critique de la controverse dans l’oeuvre d’art ? Si la volonté de choquer n’était pas nécessairement une motivation pour Manet lorsqu’il propose Le Déjeuner sur l’herbe (1863), elle l’est par exemple pour Courbet et les artistes du mouvement surréaliste.

Le choc peut également être la conséquence d’une rencontre. Une rencontre qui se produit lorsque l’oeuvre est décontextualisée, sortie de son lieu initial ou temps originel et intégrée à un nouvel environnement. Comment se transforme l’agentivité des oeuvres (anciennes ou contemporaines) lorsqu’elles sont en décalages avec leur cadre historique, géographique, socioculturel et institutionnel ? Par exemple, qu’advient-il d’une oeuvre de Giovani Bellini (v. 1425-1516), lorsqu’elle est présentée à la Punta della Dogana (Venise) dans l’exposition Slip of the Tongue commissariée par l’artiste contemporain Danh Vo ? Quels sont les effets de la présence d’Anish Kapoor au château de Versailles ? Ou encore, comment les montages cinématographiques, photographiques ou littéraires, entrechoquent des images de différents temps ?

Si Roland Barthes écrit à propos du choc que le trauma « [...] est précisément ce qui suspend le langage et bloque la signification », doit-on enfin penser avec lui le choc comme un outil heuristique qui permet de sortir du connu, de l'habituel, des clichés ?

Les étudiant.e.s de 2e et 3e cycle issu.e.s de toutes les disciplines universitaires en art et sciences humaines sont invité.e.s à proposer un résumé de communication (20 minutes) de 500 mots en français ou en anglais, avant le 15 janvier 2018, à cette adresse courriel : colloque.acsha18@gmail.com.

Réalisation : Centre de services en TI et en pédagogie (CSTIP) (Université Laval)