Conférence: Béatrice Joyeux-Prunel (ENS, Paris), « L’art moderne et les avant-gardes (1848-1968) : tenter une autre histoire » (23 mars 2017)

23 March 2017

Conférence
Organisée par le programme de doctorat interuniversitaire en histoire de l'art
Université de Montréal, Pavillon Lionel-Groulx, C-2059
Jeudi 23 mars, 17h

Béatrice Joyeux-Prunel (ENS, Paris)

« L’art moderne et les avant-gardes (1848-1968) : tenter une autre histoire »

L'histoire de l'art moderne et des avant-gardes ressemble à un progrès linéaire, guidé par des artistes (mâles) d'exception indépendants des logiques politiques, marchandes, sociales, ethniques, religieuses, et bien sûr des pratiques plastiques dominantes en leur temps. Les mouvements féministes et postcoloniaux ont poussé à intégrer au canon de "nouveaux" artistes femmes, latino-américains etc. Mais on n'a toujours pas proposé de récit alternatif à ce canon, dont on peut même dire qu'en avalant de nouveaux marginaux il s'est renforcé. Il devient urgent d'écrire d'autres récits, des histoires, sur la longue période, qui non seulement remettent en question le récit moderniste et ses iniquités, mais permettent aussi de comprendre comment il s'est imposé comme évident. Changer la méthode et les questions du travail historien peut être une stratégie. Les questionnements sociologiques et transnationaux vont à l'encontre des prémisses du canon moderniste: le nationalisme méthodologique, corolaire d'une focalisation sur quelques "centres" (Rome, Paris, New York); la monographie systématique; le formalisme; et son corolaire, le déni des logiques sociales et économiques. Ces questionnements incitent à tenter une histoire du champ international de l'art moderne, qui fait des avant-gardes moins des génies solitaires que les acteurs plus ou moins habiles d'une géopolitique mondiale de l'art où les stratégies d'exposition, l'argent, la politique, les réseaux, les transferts culturels, les questions d'origine sociale, les amitiés et les trahisons ont leur place dans l'histoire des vainqueurs et des perdants autant que l'étude des formes.

Entrée libre dans la limite des places disponibles

Contact: denis.ribouillault@umontreal.ca 

Réalisation : Centre de services en TI et en pédagogie (CSTIP) (Université Laval)