Séminaires 2016-2017

Bloc A : séminaire intégrateur

HAR 7001 (UdeM) Automne 2016 : partie 1 de 2
ARTH 810 (Concordia) Hiver 2017 : partie 2 de 2

Problématiques actuelles de histoire de l’art : Séminaire intégrateur -
Art history and its methodologies II

Note : il est obligatoire de suivre les deux parties du séminaire dans la même année académique

Horaire :
Mardi 9h00-12h00

Inscription :
Automne 2016 : Étudiant.e.s de l’Université de Montréal, à votre département, les autres étudiant.e.s, via CREPUQ
Hiver 2017 : Étudiant.e.s de l’Université Concordia, à votre département, les autres étudiant.e.s, via CREPUQ

Lieu :
Automne 2016 : Université de Montréal, Pavillon Lionel-Groulx, C-2117
Hiver 2017 : Université Concordia, EV 3.760

Professeurs :
Denis Ribouillault / Steven Stowell

Description

Remarque : Le masculin est utilisé pour faciliter la lecture.

Les objectifs principaux du séminaire intégrateur, tel qu’il est proposé aux doctorants depuis plusieurs années, sont les suivants : l’intégration des nouveaux étudiants au sein du programme doctoral et le développement de leur projet de recherche principal. Cette année, le séminaire proposera de parvenir à ces objectifs par 1) l’étude et l’analyse critique de textes-clefs utilisés et/ou écrits par des historiens de l’art afin de conceptualiser les relations entre les objets artistiques et la culture et la société qui les ont produits; 2) la présentation par les étudiants de leurs champs de recherche spécifiques et des problématiques culturelles, sociologiques, et/ou anthropologiques qui leurs sont liées. Ces présentations feront l’objet de discussions.

À travers une réflexion sur des textes qui ont joué un rôle central sur l’évolution de la discipline dans les dernières décennies, les participants du séminaire seront amenés à élargir et raffiner leur compréhension des questions théoriques qui alimentent l’écriture de l’histoire de l’art. Ce faisant, les étudiants qui commencent leurs études doctorales pourront à la fois mesurer la diversité des problématiques soulevées par la recherche récente en histoire de l’art et apprécier les qualités spécifiques distinguant un projet doctoral d’un travail de maîtrise.

Dans les premières semaines du séminaire, des textes choisis questionnant les rapports entre art, culture et société seront présentés par plusieurs des professeurs membres du programme interuniversitaire. Plutôt que de se concentrer sur la question de la « méthodologie » adoptée, l’accent sera mis sur la manière dont les théories et les philosophies de la culture posent des questions à l’histoire de l’art et orientent son évolution.

À travers ces interventions, les étudiants du séminaire pourront échanger avec différents membres de notre communauté académique, laquelle représente la ressource la plus riche et la plus essentielle de notre programme. Tout en engageant les étudiants à s’intéresser à des questions marquantes pour l’écriture de l’histoire de l’art récente, la première partie du séminaire devrait aussi leur permettre d’explorer des problématiques qui leur sont moins familières mais qui sont susceptibles d’enrichir leur réflexion critique.

La seconde partie du séminaire sera consacrée à la présentation par les étudiants de textes qu’ils auront choisis en fonction de leur pertinence dans le développement théorique de leur projet de recherche. Ces textes, préalablement lus par tous les membres du séminaire, feront par la suite l’objet de discussions et de réflexions critiques, lesquelles porteront tant sur le dit texte que sur le ou les problématiques soulevées par la recherche en cours.

NB : La bibliographie qui suit est sommaire et uniquement indicative et ne tient pas compte des lectures qui seront proposées tant par les intervenants extérieurs que par les étudiants eux-mêmes.

Bibliographie

BAXANDALL, Michael. Patterns of Intention: On the Historical Explanation of Pictures. New Haven: Yale University Press, 1985.

BELTING, Hans. An Anthropology of Images: Picture, Medium, Body. Translated by Thomas Dunlap. Princeton: Princeton University Press, 2011.

BENJAMIN, Walter. L’œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique. Folio Plus : 2008 [1939].

BOURDIEU, Pierre. Outline of a Theory of Practice. Translated by Richard Nice. Cambridge: Cambridge University Press, 1977.

COQUET, Michèle, DERLON, Brigitte et JEUDI-BALLINI, Monique (dir.), Les Cultures à l’œuvre. Rencontres en art. Paris: Biro éditeur – éd. de la Maison des sciences de l’Homme, 2005.

DESCOLA, Philippe. Par delà nature et culture, Paris : Gallimard, 2005.

DUBUC, Élise et TURGEON, Laurier, dir., Musées et Premières nations, 2004, p°°7-18 [en ligne : http://id.erudit.org/revue/as/2004/v28/n2/010605ar.pdf?origin=publication_detail].

FABRE, Daniel, dir. Domestiquer l’histoire. Ethnologie des monuments historiques, Paris : Maison des Sciences de l’Homme, 2000.

GELL, Alfred. Art and Agency: An Anthropological Theory. Oxford: Oxford University Press, 1998.

GEERTZ, Clifford. The Interpretation of Cultures: Selected Essays. New York: Basic books, 1973.

HEINICH, Nathalie. La sociologie de l'art. Paris : La Découverte, 2001.

Histoire de l’art et anthropologie, actes du colloque international, INHA / Musée du Quai Branly, Paris, 2009, accessible en ligne: http://actesbranly.revues.org/60

Malaise dans la culture. L’Ethnographie, la littérature et l’art au XXe siècle, Paris, École nationale supérieure des beaux-arts, 1996.

SERROY, Jean et LIPOVETSKY, Gilles. L’esthétisation du monde. Paris : Gallimard, 2013.

TURGEON, Laurier, Patrimoines métissés. Contextes coloniaux et postcoloniaux. Québec : Presses de l’université Laval / Paris: éd. de la Maison des sciences de l’Homme, 2003.

 

Bloc B : séminaires de recherche

Automne 2016

HAR915F (UQAM)

La satire visuelle et l’indiscipline de l’histoire de l’art

Horaire :
Débute le mercredi 21 septembre de 9h à 13h et ensuite selon l'horaire suivant:

- de 9h à 13h, les 21, 28 septembre et les 5, 12 et 19 octobre

- de 9h à 16h le mercredi 26 octobre 

- de 9h à 13h, les 2, 9, 16 et 23 novembre

- aucune rencontre le 30 novembre

- rencontre finale le 7 décembre.

Lieu :
UQAM, Pavillon Judith-Jasmin, local J-R535

Inscription :
Étudiant.e.s de l’UQAM, à votre département, les autres étudiant.e.s, via CREPUQ

Professeur :
Dominic Hardy

Description

Le concept de la satire visuelle circule de plus en plus comme terme qui permet de regrouper et d’analyser des productions visuelles très variées, séparées dans le temps et par la géographie. Le terme cherche encore une définition qui permettrait de tenir compte de ce qui relève précisément des arts visuels, tout en négociant la place du visuel à l’intérieur d’un champ, le satirique, qui a surtout connu une fortune critique liée à des manifestations textuelles et littéraires. Le satirique peut être retrouvé à travers l’histoire dans bon nombre de pratiques culturelles qui relèvent des comportements sociaux avant tout. Une enquête ayant pour objectif la formulation d’une définition confronte donc rapidement une problématique plus large qui consiste à comprendre en quelle mesure l’histoire de l’art est (ou n’est pas) modifiée par l’étude du satirique, en quelle mesure elle est elle-même terrain d’enquête pour ces comportements qui, dirait-on, renouvellent constamment le recours à l’analogie, à l’allégorie, aux dédoublements qui ont fait jouer tout le registre de la figuration dans les arts visuels, qu’il s’agisse d’un dessin, d’une image gravée, d’une installation, d’une œuvre d’art public, d’une performance…

Ce séminaire s’intéressera donc aux pratiques artistiques qui, tout en déformant et en interrogeant la représentation visuelle, posent des défis à l’histoire de l’art. Cet examen peut déjà être envisagé à partir des constats qu’on peut faire vis-à-vis de démarches déjà bien historicisées, ne serait-ce que dans les arts qui relèvent de (ou ont problématisé) l’occident. Pouvant être réunies sous la rubrique du satirique, on les a nommées caricature, ironie, parodie, carnavalesque et grotesque et autres encore. Ayant des racines qui remontent à l’Antiquité, ces pratiques ont une visibilité qui suit surtout l’évolution de la conscience métahistorique que nous avons de la représentation figurative, notamment depuis la Renaissance. La circulation de l’image satirique relèverait de comportements qui travaillent les structures géopolitiques de la culture occidentale et le statut chancelant de l’œuvre d’art. S’arrogeant les discours sur l’identité individuelle et collective, ces images participent d’une discursivité parallèle qui miroite et infiltre les lieux, les ambitions et les désirs des beaux-arts, souvent pour les rattacher à d’autres régimes, politique et économique notamment, à l’aide de stratégies privilégiant l’humour, le rire, le renversement, le ridicule. Si des modes satiriques, souvent virtuoses, ont certes été associés au sphère de l’imprimé de masse, on peut les reconnaître aussi au sein des grands projets muséaux qu’habite la sphère artistique (les mondes de l’art, si on veut), bousculant depuis plus d’un siècle les paramètres la discipline de l’histoire de l’art, pour en quelque sorte l’indiscipliner.

Bibliographie

BAKHTINE, Mikhaïl, « Composition et genre », La Poétique de Dostoïevski, Paris, Seuil, 1998, p. 161-191.

BAKHTINE, Mikhaïl, « Introduction », L’œuvre de François Rabelais et la culture populaire au Moyen Âge et sous la Renaissance, Paris, Gallimard, 1970, p. 9-67.

BAUDELAIRE, Charles, Critique d’art suivi de Critique musicale, Paris, Gallimard, 1992.
« De l’essence du rire », p. 185-203; « Quelques caricaturistes français », p. 204-223.
« Quelques caricaturistes étrangers », p. 224-234; « Notices, notes et variantes », p. 571-595.

BERGSON, Henri, Le rire. Essai sur la signification du comique, Paris, Flammarion, 2013 [1900].

BARIDON, Laurent et Martial GUÉDRIN, L’art et l’histoire de la caricature, Paris, Citadelles et Mazenod, 2006.

COOK, Albert, « The "Meta-Irony" of Marcel Duchamp », The Journal of Aesthetics and Art Criticism, vol. 44, no 3 (printemps) 1986, p. 263-270.

DELPORTE, Christian, « L’image, pour comprendre le XXe siècle », Images et politique en France au XXe siècle, Paris, Nouveau Monde, 2006, p. 7-18.

DUVAL, Sophie et Marc MARTINEZ, La satire, Paris, Armand Colin, 2000.

DUVAL, Sophie et Jean-Pierre SAÏDAH (sous la dir.), Mauvais genre. La satire littéraire moderne, Pressac, Presses universitaires de Bordeaux, Coll. « Modernités no 27», 2008.

FREUD, Sigmund 1856-1939, Le mot d'esprit et sa relation à l'inconscient, Paris Gallimard, 1992.

FRYE, Northrop, « Le mythos de l’hiver : ironie et satire », Anatomie de la critique, trad. par Guy Durand, Paris, Gallimard, 1969, p. 272-291.

GRETTON, Thomas, « Posada and the "Popular’’: Commodities and Social Constructs in Mexico before the Revolution », Oxford Art Journal, vol. 17, no 2, 1994, p. 32-47.

GUIRLINGER, Lucien, De l'ironie à l'humour, un parcours philosophique, Nantes Pleins feux, 1999.

HARDY, Dominic, Annie GÉRIN et Jean-Philippe UZEL (sous la dir.), « Humour in the Visual Arts and Visual Culture: Practices, Theories, and Histories / L’humour dans les arts et la culture visuels : pratiques, théories et histoire », Revue d’art canadienne / Canadian Art Review (RACAR), Vol. 37, no1, 2012.

HIGGIE, Jennifer, The artist's joke, Londres, Whitechapel Art Gallery, 2007.

LE MEN, Ségolène (sous la dir.), L’art de la caricature, Paris, Presses universitaires de Paris 10, 2011.

MALBERT, Roger, « Exaggeration and Degradation : Grotesque Humour in Contemporary Art », in Carnivalesque sous la dir. de HYMAN, Timothy et Roger MALBERT, Catalogue de l’exposition au Brighton Museum and Art Gallery du 6 mai au 2 juillet 2000, Brighton, p. 75-76, 79-80, 84, 88, 90, 93-94, 96-97.

MORE, Nicholas D., «Nietzsche’s Last Laugh : Ecce Homo as Satire », Philosophy and Literature, vol. 35, no1, avril 2011, p. 1-15.

PORTERFIELD, Todd (sous la dir.), The Efflorescence of Caricature, 1759-1838, Farnham (G.-B.) et Burlington (É.-U.), Ashgate, 2011.

QUINTERO, Ruben, A companion to satire: ancient and modern, Oxford, Wiley-Blackwell, 2011.

RYAN, Allan J., « Postmodern Parody : A Political Strategy in Contemporary Canadian Native Art », Art Journal, vol. 51, no 3 (automne), 1992, p. 59-65. En ligne : http://www.jstor.org/stable/777349

RYAN, Allan J., The Trickster shift humour and irony in contemporary native art, Vancouver University of British Columbia Press; Seattle University of Washington Press, 1999.

WHITE, Hayden, « Burckhardt : Historical Realism as Satire », Metahistory. The Historical Imagination in Nineteenth-Century Europe, Baltimore et Londres, The Johns Hopkins University Press, 1973, p. 230-264.

ARTH804 (Concordia)

Readings in Continental Aesthetics

Horaire :
Jeudi 13h00-16h00

Lieu :
Université Concordia, EV 3.760

Inscription :
Étudiant.e.s de Concordia, à votre département, les autres étudiant.e.s, via CREPUQ

Professeure :
Kristina Huneault

Description

Writing about art often assumes familiarity with a broad range of philosophers, but art history students have comparatively few opportunities to encounter such texts first hand. This reading-based course will explore a broad spectrum of writings by major figures in continental aesthetics, from Kant to Rancière. The aim is to develop a familiarity with philosophers who have been particularly influential on understandings of art and experience. Following the lead of Clive Cazeaux in the Continental Aesthetics Reader, the class engages less with questions about the nature of art and beauty than with issues about the relations between ‘subjective experience and the condition of belonging to the world’ (Cazeaux, xvi). Student presentations will contribute to the development of an introductory context for each reading. 

By participating in this course, you will have the opportunity to:

- Gain a broad-ranging frame of reference for the philosophical underpinnings of art writing.
- Encounter philosophical texts first-hand, rather than through secondary explanations.
- Develop techniques of close reading.
- Gain experience positioning your own voice in relation to theory.

Please note that the language of instruction for this seminar is English but that students are welcome to contribute to discussion in either language. 

Bibliographie

CAZEAUX, Clive. The Continental Aesthetics Reader. 2nd edition. New York: Routledge 2011.

The Continental Aesthetic Reader is an anthology of philosophical texts. Because the class centres on close reading and discussion of the texts, all participants are asked to use this book as a common point of reference for page numbers, but all the texts are also available in French to supplement the textbook.

The specific selections of texts will be made collectively on the first day of class.  Examples of readings that have been chosen in previous years include:

ADORNO, Theodor. Extracts from Minima Moralia : Reflections from Damaged Life. 1951.

BADIOU, Alain. “Art and Philosophy.” Handbook of Inaesthetics. 1998.

DELEUZE, Gilles and GUATTARI, Felix. “Percept, Affect and Concept.’ What is Philosophy? 1991.

DERRIDA, Jacques. “The Parergon.” The Truth in Painting. 1978.

FREUD, Sigmund. “The Unconscious.” 1915.

GADAMER, Hans-George. “Aesthetics and Hermeneutics.” Philosophical Hermeneutics. 1964.

HEGEL, G.W.F. Extracts from Aesthetics: Lectures on Fine Art. 1835.

HEIDEGGER, Martin. The Origin of the Work of Art. 1950.

IRIGARAY, Luce. “Cosi fan tutti.” This Sex Which is Not One. 1977.

KANT, Immanuel.  Extracts from “Analytic of Aesthetic Judgment’ and ‘Dialectic of Aesthetic Judgement’, Critique of Judgment. 1790.

LACAN, Jacques. ‘Of the Gaze as Objet Petit a’. Four Fundamental Concepts of Psychoanalysis. 1973.

MARX, Karl. “Private Property and Communism.” Economic and Philosophic Manuscripts 1844.

MERLEAU-PONTY, Maurice. “The Intertwining -- The Chiasm.” The Visible and the Invisible. 1964.

NIETZSCHE, Friedrich. On Truth and Lie in an Extra-Moral Sense. 1873.

RANCIÈRE, Jacques. “Aesthetics as Politics.” Aesthetics and its Discontents. 2004.

 

Hiver 2017

HAR7005 (UdeM)

Publics, sites, prescripteurs

Horaire :
Jeudi 13h00-16h00

Lieu :
Université de Montréal, Pavillon Lionel-Groulx, C-2117

Inscription :
Étudiant.e.s de l’Université de Montréal, à votre département, les autres étudiant.e.s, via CREPUQ

Professeure :
Suzanne Paquet

Description

Aux questions « Que faut-il pour qu’il y ait art? » (de Duve 1977, Danto 1981), ou « Quand y a-t-il art? » (Goodman 1992, Heinich & Shapiro 2012), les réponses sont devenues multiples, sans que les prescripteurs institutionnels ne soient fragilisés pour autant. Simplement, les positions des acteurs et les processus d’accession à la notoriété sont dorénavant plus fluctuants, les institutions pouvant ou devant éventuellement se plier à de nouvelles conventions nées des interactions des acteurs du monde de l’art ou des explorations formelles et politiques des artistes (Becker 1988).

Ce séminaire proposera d’abord un regard historique sur les ensembles d’acteurs et de sites par qui et où peut advenir ce que Heinich & Shapiro ont appelé « artification », conçus comme autant de médiations par lesquelles certains objets acquièrent et conservent le statut (et la valeur) d’œuvre d’art. Nous nous pencherons ensuite, et pour la plus grande partie de la session, sur la notion de « public(s) », qui suscite une bonne dose d’attention lorsque la réflexion sur l’art se fait politique, mais demeure toujours difficile à étudier. On constate depuis quelques années, chez les chercheurs en études des arts et plus généralement en sciences humaines, un grand intérêt pour l’espace public et les formes qu’il prend. Mais se préoccupe-t-on suffisamment des publics eux-mêmes et de leurs actes qui ont, précisément, le pouvoir de faire exister l’espace public? Nous tenterons de comprendre par quelles voies approcher cette notion, comment définir cette entité polysémique et polymorphe, de quelles manières on peut l’étudier. Nous vérifierons s’il existe (ou non) un pouvoir prescripteur des publics. Nous nous demanderons aussi si ce rôle se renouvelle ou se transforme avec les technologies de l’information et de la communication et l’arrivée de publics amateurs, des publics producteurs dont les actions pourraient s’inscrire, en réciprocité avec celles des acteurs et des sites traditionnels des mondes de l’art, au sein même des trajets d’instauration des œuvres (Latour 2012). Mettant à l’épreuve la possibilité d’un élargissement de la réflexion à partir de cas précis, nous procéderons par l’étude attentive de trajectoires singulières d’œuvres, où la part du public pourrait être rendue tangible ou visible. Chacun-e des étudiant-e-s pourra choisir un cas spécifique d’observation, à même le corpus examiné dans sa thèse et l’analyser à la lumière des ouvertures théoriques et méthodologiques offertes par le séminaire.

Bibliographie

AKRICH Madeleine, CALLON Michel, LATOUR Bruno (2006). Sociologie de la traduction. Textes fondateurs, Paris : Presses de l’école des mines de Paris.

ALLIEZ Éric & Peter OSBORNE (dir.) (2013). Spheres of Action : Art and Politics, Cambridge : MIT Press.

ANCEL, Pascale & Alain PESSIN (dir.) (2004). Les non-publics : les arts en réception, Paris : l’Harmattan.

BECKER, Howard S. (2009). Comment parler de la société. Artistes, écrivains, chercheurs et représentations sociales, Paris : La découverte.

BECKER, Howard S. (1988). Les mondes de l’art, Paris : Flammarion.

BEER, David (2013). Popular culture and New Media. The Politics of Circulation, New York : Palgrave MacMillan.

BISHOP, Claire (2012). Artificial Hells. Participatory Art and the Politics of Spectatorship, New York : Verso.

BOURDIEU, Pierre (1979). La distinction. Critique sociale du jugement, Paris : Minuit.

DACHEUX, Éric (dir.) (2008). L’espace public, Paris : CNRS Éditions.

DANTO, Arthur (1981). The Transfiguration of the Commonplace, Cambridge, Harvard University Press.

de DUVE Thierry (1977). « À propos du readymade », Parachute, no 7, été, p. 19-22.

DEWEY, John (2005 [1927]). Le public et ses problèmes, Paris : Gallimard « Folio ».

DOMINGUEZ RUBIO, Fernando & Elizabeth B. SILVA (2013). « Materials in the Field: Objet-trajectories and Objet Positions in the Field of Contemporary Art », Cultural Sociology, 7(2), p. 161-178.

FLICHY, Patrice (2010). Le sacre de L’amateur. Sociologie des passions ordinaires à l’ère numérique, Paris : Seuil.

GOODMAN, Nelson (1992 [1978]). Manière de faire des mondes, Paris : Gallimard.

GRAU, Oliver & Thomas VEIGL (dir.) (2013). Imagery in the 21st Century, Cambridge : MIT Press.

GROYS, Boris (2010). Going Public, Berlin : Sternberg Press / E-Flux.

HEINICH, Nathalie & Roberta SHAPIRO (2012). De l’artification : enquête sur le passage à l’art, Paris : Éditions de l’École des hautes études en sciences sociales.

HENNION, Antoine (2013). « D’une sociologie de la médiation à une pragmatique des attachements », SociologieS Théories et recherches. En ligne : http://sociologies.revues.org /4353

Inter Art actuel , n. 120 « Micro-intervention » (2015). Sous la direction de Luc Lévesque et Patrice Loubier, printemps.

LATOUR, Bruno (2012). Enquête sur les modes d’existence. Une anthropologie des modernes, Paris : La Découverte.

LATOUR, Bruno (2006). Changer de société, refaire de la sociologie, Paris : La découverte.

LIPPMAN, Walter (2008 [1925]). Le public fantôme, préface de B. Latour, Paris : Démopolis.

RANCIÈRE, Jacques (2008). Le spectateur émancipé, Paris : La Fabrique.

SHUSTERMAN, Richard (1992). L’art à l’état vif. La pensée pragmatiste et l’esthétique populaire, Paris : Minuit.


HAR8001

De l’internationalisation de l’art à la mondialisation : le phénomène transnational aux XIXe et XXe siècles.         

Horaire :
Vendredi 14h00-17h00

Lieu :
UQAM, Pavillon Judith-Jasmin, local J-R535

Inscription :
Étudiant.e.s de l’Université Laval, à votre département, les autres étudiant.e.s, via CREPUQ

Professeure :
Françoise Lucbert

Description

Le présent séminaire s'inscrit dans le contexte d’un projet de recherches en cours sur une série d’expositions cubistes et néo-cubistes organisées en Europe au début des années 1920, sous l’égide de l’association portant le nom de « La Section d'Or ». Pour donner une ampleur conceptuelle à un problème de nature essentiellement historique, il s’agira de s’interroger sur le phénomène d’internationalisation de l’art sensible depuis le milieu du XIXe siècle et encore extrêmement présent aujourd’hui. Ce thème nourrit la pratique actuelle de l’histoire de l'art, en particulier grâce aux apports récents de la Global History et à l’aune de plusieurs travaux sur les liens entre art et mondialisation (notamment ELKINS et al. 2010).

Partant d’une étude de cas ciblée, la réflexion sera pertinente pour aborder de nombreux autres cas d’étude. Il faudra d’abord s’attacher aux perspectives croisées qu’il convient d’esquisser entre les différents pays immédiatement concernés par l’étude : France, Pays-Bas, Belgique, Italie, Suisse. Il sera également nécessaire d’envisager une saisie plus large, qui touchera des pays indirectement touchés (Allemagne, Grande-Bretagne, États-Unis), sans négliger la réception de courants artistiques modernes outre Occident – comme celle examinant, par exemple, les résonnances du cubisme en Asie (MAISON DES ARTS DU JAPON 2007). Sur un autre plan, l’approche transnationale se révèlera précieuse pour conceptualiser le cadre intrinsèquement cosmopolite du groupe d’artistes à l’étude. Ce type d’approche sera d’ailleurs utile pour comprendre les visées de plusieurs autres groupes d’artistes actifs pendant la première moitié du XXe siècle, des futuristes à COBRA en passant par Dada. Des travaux récents sur l’idée d’internationalisme (IRIYE 1997; BROCKINGTON 2009; LAQUA 2011) et sur le concept de transnationalisme (IRIYE et SAUNIER 2009; SAUNIER 2013) aideront à définir le type de cosmopolitisme (CHEAH et ROBBINS 1998) en jeu. De plus, certains outils provenant de la science géographique peuvent servir à cartographier celui-ci, voire à le quantifier avec des instruments de mesure appropriés (JOYEUX-PRUNEL 2009; ID. 2010).  Plus généralement, le séminaire offrira une série de pistes méthodologiques et théoriques pour mieux comprendre le phénomène transnational aux XIXe et XXe siècles.

Bibliographie

BROCKINGTON Grace (dir.), Internationalism and the Arts, Oxford etc., Peter Lang, 2009.

DEBRAY Cécile et LUCBERT Françoise (dir.), La Section d’or (1912-1920-1925), cat. exp., Musées de Châteauroux, 21 septembre-3 décembre 2000 ; Musée Fabre, Montpellier, 15 décembre 2000-18 mars 2001. Paris, Cercle d’art, 2000.

DEBRAY Cécile et LUCBERT Françoise, The Golden Section: French Cubism, cat. exp., Hong Kong Museum of Art, 04 avril 2001-16 mai 2001. Hong Kong, Leisure & Cultural Services Department, 2001.

ELKINS James, VALIAVICHARSKA Zhivka et KIM Alice, Art and Globalization, Penn State University Press, 2010.

IRIYE Arika, Cultural Internationalism and World Order, Baltimore et Londres, Johns Hopkins University Press, 1997.

IRIYE Arika et SAUNIER Pierre-Yves (dir.), The Palgrave Dictionary of Transnational History from the mid-19th Century to the Present Day, Basingstoke et New York, Palgrave Macmillan, 2009.

JOYEUX-PRUNEL Béatrice, « Nul n’est prophète en son pays » ? L’internationalisation de la peinture avant-gardiste parisienne (1855-1914), Paris, Musée d’Orsay / Nicolas Chaudun, 2009.

JOYEUX-PRUNEL Béatrice (dir.), avec la collaboration de Luc SIGALO-SANTOS, L’Art et la Mesure. Histoire de l’art et méthodes quantitatives : sources, outils, bonnes pratiques, Paris, Éditions Rue d’Ulm, 2010.

KOSTKA Alexandre et LUCBERT Françoise (dir.), Distanz und Aneignung. Relations artistiques entre la France et l’Allemagne 1870-1940, Berlin, Akademie Verlag, coll. « Passagen/Passages », Paris, Centre allemand d’histoire de l’art, 2004.

LAQUA Daniel, The Age of Internationalism and Belgium, 1880–1930: Peace, Progress and Prestige, Manchester, Manchester University Press, 2013.

LAQUA Daniel (dir.), Internationalism Reconfigured: Transnational Ideas and Movements Between the World Wars, Londres, I.B. Tauris, 2011.

LUCBERT Françoise, « L’amitié artistique franco-russe, le cas exemplaire de la Section d’or », cat. exp., Saint-Pétersbourg, Musée national russe, 28 avril-30 juillet 2003 ; Wuppertal, Von der Heydt-Museum, 10 août-26 octobre 2003 ; Bordeaux, Musée des Beaux-Arts, 7 novembre 2003-1er février 2004. Moscou, Palace Editions, p. 24-27.

SAUNIER Pierre-Yves, Transnational History, Basingstoke et New York, Palgrave Macmillan, 2013.

TUIJN Marguerite, Mon cher ami... Lieber Does... Theo van Doesburg en de praktijk van de internationale avant-garde, thèse de doctorat, Université d’Amsterdam, 2003.

TUIJN Marguerite, « Archipenko and Theo van Doesburg », dans Deborah GOLDBERG et Alexandra KEISER (dir.), Alexander Archipenko Revisited: An International Perspective. Proceedings form the Archipenko Symposium (Cooper Union, New York City, 17 septembre 2005), Bearsville, 2008.

Réalisation : Centre de services en TI et en pédagogie (CSTIP) (Université Laval)