Séminaires 2014-2015

Bloc A : séminaire intégrateur

HAR9201 (UQAM - automne 2014)
HAR8012 (Université Laval - hiver 2015)

Problématiques actuelles de histoire de l’art.
À quoi sert l'histoire de l'art ?

Horaire :
Les mardis, de 13h à 16h
Débute le 16 septembre

Inscription :
(Automne) Étudiant.e.s de l’UQAM, via votre département; étudiant.e.s des autres institutions, via CRÉPUQ
(Hiver) Étudiant.e.s de Laval, à votre département; étudiant.e.s des autres institutions, via CRÉPUQ

Local :
UQAM, Pavillon Judith-Jasmin, local J-R535

Professeur.e.s :
Itay Sapir et Eva Struhal

Description

La méthodologie est souvent perçue comme un système complexe, rigide et quasiment arbitraire de règles à suivre, mais les questions du « comment » groupées dans ce domaine peuvent être mieux comprises en les reliant aux interrogations plus fondamentales encore, les « pourquoi » de notre pratique. Ce séminaire proposera donc d’aborder les différentes étapes d’un projet doctoral – l’élaboration d’une problématique, la définition d’un corpus, la recherche bibliographique, l’écriture etc. – sous un angle téléologique : la recherche en histoire l’art, pour quoi faire ? Quelles sont les finalités de notre discipline, au-delà d’une pure curiosité antiquarianiste ou de la participation dans un Zeitgeist actuel ?

Inspirés par le titre du livre récent de l’historien de l’art italien Tomaso Montanari, A cosa serve Michelangelo (Turin : Einaudi, 2011), nous essayerons d’aller au-delà d’une adoption mécanique et automatique des normes de la discipline, pour réfléchir plus profondément à l’utilité de nos études – sans, pour autant, intégrer la logique capitaliste que le vocable « utilité » pourrait avoir l’air d’évoquer. Pour Montanari, par exemple, l’histoire de l’art est vitale pour le renforcement des valeurs civiques et de la « chose publique » (Res Publica, République); bien d’autres réponses sont possibles, et aucune d’elles ne doit prétendre à l’exclusivité.

Dans le cadre du séminaire, nous nous interrogerons sur les réponses à la fois individuelles et collectives que l’on pourrait donner à ces questions. Tout en reconnaissant que les buts, et par là même les méthodes, changent selon l’objet et la période étudiés, nous ne rechignons pas devant l’idée que l’histoire de l’art peut aussi être perçu comme un projet collectif, et que son rôle dans la société serait renforcé par un sentiment de communauté.

Bloc B : séminaires de recherche

Automne 2014

HAR912J-30 (UQAM)
Questions thématiques
Histoire de l’art et évènement

Horaire :
Les mercredis, de 14h à 17h
Débute le 10 septembre

Local :
UQAM, Pavillon Judith Jasmin, local J-R535

Inscription :
Étudiant.e.s de l’UQAM, via votre département; étudiant.e.s des autres institutions, via CRÉPUQ

Professeure :
Marie Fraser

Description

Si la pratique de l’histoire de l’art a mis plus de temps que le champ de l’histoire à se dégager du récit évènementiel, il est possible que cela puisse être attribué au statut d’évènement que la discipline accorde à certaines œuvres jugées incontournables, lesquelles continuent d’alimenter le récit doxique d’une histoire autonome des arts. Mais parallèlement aux stratégies mises en place depuis plusieurs décennies pour renouveler la dimension historique de l’histoire de l’art, force est de constater que la notion même d’évènement a connu depuis une centaine d’années une migration épistémologique importante qui l’a fait passer du champ de l’histoire à celui des communications, en passant par la philosophie et la psychologie. À l’heure où chaque inscription à l’agenda ou dans les réseaux sociaux adopte le titre d’évènement, au moment où la vie culturelle comme la vie politique s’organisent autour de la fabrication d’évènements, il convient de nous demander : qu’est-ce qu’un évènement et quelles en sont les conditions et modalités d’apparition et de production au sein de la discipline de l’histoire, telle qu’elle s’incarne en deux têtes institutionnelles, l’université et le musée ?

Éléments bibliographiques

DERRIDA, Jacques (et al.) (2001). Dire l’évènement, est-ce possible ? Paris : L’Harmattan.
BOURDÉ, Guy et Hervé MARTIN (1983). Les écoles historiques. Paris : Seuil.
FALK, Lorne et Barbara FISCHER (Dirs.) (1987). The Event Horizon. Essays on Hope, Sexuality, Social Space and Media(tion) in Art. Toronto : Coach House Press.
GREENBERG, Reesa (et al.) (1996). Thinking about Exhibitions. Londres et New York : Routledge.
HARTOG, François (2003). Régimes d’historicité. Présentisme et expérience du temps. Paris : Seuil.
HAXTHAUSEN, Charles (Dir.). (2002) The Two Art Histories. The Museum and the University. Williamstown (Mass.) : Stirling and Francine Clark Art Institute.
MANSFIELD, Elisabeth (Dir.) (2002). Art histories and its institutions. Foundations of a discipline. Londres et NewYork : Routledge.
NORA, Pierre, (1974) « Le retour de l’évènement» dans Faire de l’histoire (P. Nora et J. Le Goff, dirs.), vol. 1. Paris : Gallimard.
RICOEUR, Paul (1983). Temps et récit, vol. 1. Paris : Seuil.

HAR8001 (Université Laval)
La structure fictionnelle de l’œuvre architectural

Horaire :
Les vendredis, de 14h à 17h
Débute le 5 septembre

Local :
UQAM, Pavillon Judith-Jasmin, local J-R535

Inscription :
Étudiant.e.s de Laval, via votre département; étudiant.e.s des autres institutions, via CRÉPUQ

Professeur :
Marc Grignon

Description

Le séminaire vise à explorer comment les œuvres d’architecture, qui sont par définition ancrées dans le mondain et le quotidien, peuvent produire des espaces à caractère fictionnel. Nous entendons par là la production de mondes « imaginaires » proposant au spectateur une certaine forme d’ailleurs, et qui peuvent être conceptualisés à l’aide des théories de la fiction. En effet, un certain nombre de théories littéraires proposent une conception « spatiale » de la fiction (Eco, Pavel, Walton)—i.e. une conception plus descriptive que narrative—, et ce sont ces théories qui, selon nous, permettraient d’éclairer les œuvres d’architecture d’une manière nouvelle, en intégrant mieux qu’on ne le fait traditionnellement en histoire de l’art l’ensemble des éléments perçus par le spectateur, comme l’organisation spatiale, le programme iconographique, le décor, le mobilier et les ambiances physiques (son, chaleur, lumière).

Bien entendu, l’espace ecclésiastique peut apparaître comme l’objet privilégié de l’approche que nous proposons ici. Mais en parlant du fictionnel plutôt que du religieux, nous voulons justement étendre cette approche à d’autres types de bâtiments, et examiner comment l’architecture peut mettre en forme d’autres modalités du vivre-ensemble. En outre, nous tenterons de mieux cerner les jalons historiques conduisant à une prise en charge consciente de cette dimension par les architectes. Vers la fin du XVIIIe siècle, en particulier, émerge une conception de l’architecture comme génératrice de « mondes possibles », accompagnée d’une attention de plus en plus nette à l’environnement qu’elle produit et à « l’influence » de celui-ci sur les usagers.

Formulaire pédagogique

Ce séminaire comportera quelques exposés introductifs de la part du professeur, des présentations par des conférenciers invités, des discussions autour de textes théoriques, des exposés oraux et la rédaction d'un travail final. Chaque étudiant sera appelé à étudier en profondeur une œuvre d’architecture où les éléments de décor et de création d’ambiances sont suffisamment riches pour permettre une appropriation critique de l’approche proposée.

Orientation bibliographique

ECO, Umberto. Lector in Fabula. Paris, Grasset, 1985.
ECO, Umberto. Les limites de l'interprétation. Paris, Grasset, 1990.
GOODMAN, Nelson. Manières de faire des mondes. Paris, Gallimard, 2006.
PAVEL, Thomas. Univers de la fiction. Paris, Gallimard, 1988.
SLOTERDIJK, Peter. Sphères. 3 vols. Paris, Fayard / Hachette Littératures, 2003.
WALTON, Kendall. Mimesis and Make-Believe. On the Foundations of the Representational Arts. Cambridge, Mass., Havard University Press, 1990.

Hiver 2015

ARTH805 (Concordia)
Networks and Archives

Schedule:
Wednesdays, 2 to 5 pm

Location:
Concordia University, Engineering and Visual Arts building, room EV 3.760

Registration:
Concordia students, via your department; all other sites, via CRÉPUQ

Professor:
Johanne Sloan

As cultural paradigms, the network and the archive have generated much debate and theorizing in recent years, across many disciplines; this seminar will examine some of these debates while assessing their relevance for art historical study. In general terms, the network and the archive can be regarded as opposites: if networks are dynamic circuits of social exchange and flowing information, archives imply institutionalization, heritage, and historical sedimentation. To complicate this apparent opposition we will look into a range of theories and authors, such as: network society (Manuel Castells), actor-network theory (Bruno Latour), network archaeology (Lisa Gitelman), archival fever (Jacques Derrida), archival impulse (Hal Foster), archival unconscious (Ernst Van Alphen). The seminar will also introduce artworks and artists from various historical periods, while students will be encouraged to develop research projects based on case studies.

Bibliography – in progress

Abbas, Basel and Abou-Rahme, Ruanne (in converstion with Tom Holert). “The Archival Multitude,” Journal of Visual Culture, Vol. 12(3), 2013.
Appadurai, Arjun. “Introduction: Commodities and the Politics of Value,” in The Social Life of Things: Commodities in Cultural Perspective, ed. A. Appadurai. Cambridge University Press, 1986.
Breakell, Sue. “For one and all: participation and exchange in the archive of the future,” in Re-visualizing visual culture, ed. C. Bailey et al. Ashgate: London, 2010
Buchloh, Benjamin. “Gerhard Richter’s ‘Atlas’: The Anomic Archive,” October, Vol. 88, Spring 1999, pp. 117-145.
Caraffa, Costanza, ed. Photo Archives and the Photographic Memory of Art History. Berlin: Deutscher Kunstverlag, 2011.
Castells, Manuel. “A Network Theory of Power,” International Journal of Communication 5 (2011), 773–787.
Chun, Wendy. “Introduction,” in Control and Freedom: Power and Paranoia in the Age of Fiber Optics. Cambridge, MA: MIT, 2006.
Comay, Rebecca, ed. Lost in the Archives. Toronto: Alphabet City Media, 2002.
Didi-Hubermann, Georges. “Atlas, or the Anxious Gay Science,” in Atlas: How to Carry the World on One’s Back (exhibition catalogue). Madrid: Museu Nacional Centro de Arte Reina Sofia, 2010.
Enwezor, Okwui. Archive Fever: Uses of the Document in Contemporary Art. NY: International Center of Photography & Steidl, 2008.
Ernst, Wolfgang. Digital Memory and the Archive. University of Minnesota Press, 2013.
Foster, Hal. “An Archival Impulse,” October, No. 110, Fall 2004, pp. 3-22.
Foucault, Michel. The Archaeology of Knowledge. London: Tavistock Publications, 1972.
Galloway, Alex. “Networks,” in Critical Terms Media Studies, ed. W.J.T. Mitchell et al. University of Chicago, 2010 
Groys, Boris. “Entering the Flow: Museum between Archive and Gesamtkunstwerk,” e-flux #50, 2013.
Kaplan, Alice Yaeger. “Working in the Archives,” Yale French Studies, No. 77 (1990): 103-116.
Kester, Grant. The One and the Many: Contemporary Collaborative Art in a Global Context. Duke University Press, 2011.
Michaud, Philippe-Alain. Aby Warburg and the Image in Motion. New York: Zone Books, 2004.
Miessen, Markus and Chateigné, Yann, ed. The Archive as a Productive Space of Conflict. Sternberg Press, 2014.
Munster, Anna.  An Aesthesia of Networks: Conjunctive Experience in Art and Technology. Cambridge MA: MIT Press, 2013.
Payne, Robert. The Promiscuity of Network Culture: Queer Theory and Digital Media. London: Routledge, 2014.
Pollock, Griselda. Encounters in the Virtual Feminist Museum: Time, Space and the Archive. New York: Routledge, 2007.
Russell, Catherine. “Archival Apocalypse: Found Footage as Ethnography,” in Experimental Ethnography: The Work of Film in the Age of Video. Duke University Press, 1999, pp. 238-272.
Schwartz, Joan and Cook, Terry. “Archives, Records, and Power: The Making of Modern Memory,” Archival Science, No. 2, 2002, pp. 1-19.
Sekula, Alan. “The Body and the Archive,” October, Vol. 39, Winter 1986.
Sierek, Karl. Images Oiseaux: Aby Warburg et la théorie des médias. Traduit de l’allemand par Pierre Rusch. Paris: Klincksieck, 2009.
Spieker, Sven. The Big Archive: Art from Bureaucracy. Cambridge MA: MIT Press, 2008.
Steedman, Carolyn. Dust, The Archive and Cultural History. Rutgers University Press, 2002
Tagg, John. “The Archiving Machine; or, The Camera and the Filing Cabinet,” Grey Room, No. 47, Spring 2012, pp. 24-37.
Vaknin, Judy et al, ed. All This Stuff: Archiving the Artist. Libri Publishing, 2013.
Verwoert, Jan. “Living with Ghosts: From Appropriation to Invocation in Contemporary Art,” Art & Research, Vol. 1, No. 2 (Summer 2007)
Warburg, Aby. “The Absorption of the Expressive Values of the Past,” Art In Translation, Vol. 1, No. 2, July 2009, pp. 273-283.

HAR7002 (Université de Montréal)
Questions thématiques
Géographies et territorialités artistiques

Horaire :
Les jeudis, de 9h à 12h

Local :
Université de Montréal, Pavillon Lionel-Groulx, local à confirmer

Inscription :
Étudiant.e.s de l’Université de Montréal, à votre département; étudiant.e.s des autres institutions via CRÉPUQ

Professeure :
Louise Vigneault

Description

Si la modernité a sacrifié en partie les appartenances territoriales au profit d’une pensée universaliste abstraite et homogénéisatrice, les repères spatiaux et territoriaux sont demeurés présents aussi bien dans les démarches artistiques qu’à travers les trames iconique, symbolique et narrative des productions. Ce séminaire propose un parcours réflexif et analytique des expériences de l’espace et des discours qu’elles sous-tendent, des relations que les créateurs ont tissées avec les réalités territoriale, environnementale, géographique, cartographique, avec le paysage, le site, la frontière ou le terroir. Ces espaces participent aux dynamiques géopolitiques, aux processus de symbolisation et de hiérarchisation des pouvoirs, aux expériences de pluri sensorialité, de transit et d’adaptation, d’échappement et d’immersion, de résistance et de partage. Ils fournissent une assise concrète au travail de mise en mémoire et de mythologisation des récits culturels et historiographiques, et permettent de concilier des réalités sociales et des positions idéologiques en tension. À ce titre, les approches de la phénoménologie, de l’anthropologie, de la sociologie, de la géographie humaine et culturelle permettent de jeter un éclairage aussi bien sur les jardins de la Renaissance que sur les photographies des zones postindustrielles, sur les « territoires culturels » autochtones et les « cyber territoires » qui participent au décloisonnement des modèles sémiotiques et épistémologiques en vigueur. Ainsi, ce séminaire sera l’occasion de réexaminer les rapports entre l’histoire et le territoire, la nature et la culture, les réalités ontologique et virtuelle. Il permettra de questionner notamment les fonctions et les effets des dispositifs de marquage et de synthétisation de l’espace; comment envisager et exprimer l’expérience du territoire dans les conditions de perte des repères culturels ou d’occupation politique; comment repenser la circularité des créateurs et des œuvres dans le contexte de la globalisation; comment actualiser et réintégrer les modèles culturels marginalisés dans celui des hégémonies nationales et universalistes.

Éléments bibliographiques

AUGÉ, Marc, Pour une anthropologie de la mobilité, Paris, Payot & Rivages, 2009.
BELFORD, Marilyn and Jerry HERMAN, Time and Space Concepts in Art, New York, Pleiades Gallery,1980.
BERTHELOT, Jean-Michel et Monique HIRSCHHORN (dir.), Mobilités et ancrages. Vers un nouveau mode de spatialisation, Paris, Montréal, Harmattan, 1996.
CAMPANELLI, Vito, Web Aesthetics. How Digital Media Affect Culture and Society, Rotterdam, Institute of Network Cultures, NAi Publishers, 2010.
CAUQUELIN, Anne, Le site et le paysage, Paris, PUF, Coll. « Quadrige », 2002.
CORMERAIS, Franck (dir.), Les territoires de l'art et le numérique, quels imaginaires ?, L’entretemps, 2013.
DE BIAISE, Alessia et Cristina ROSSI (dir.), Chez nous. Identités et territoires dans les mondes contemporains, Paris, Éditions de la Villette, 2006.
DEWEY, John, L’art comme expérience, Paris, Gallimard, Coll. Folio essais, 2008 [1934].
GAMBONI, Dario. La Géographie Artistique : Ars Helvetica 1. Disentis, 1987.
HEIDEGGER, Martin, Remarques sur art-sculpture-espace, Paris, Éditions Payot et Rivages, 2009.
HERDER, Johann Gottfried, Une nouvelle philosophie de l’histoire, 1774.
KAUFMANN, Thomas Dacosta, Toward a Geography of Art, Chicago, University of Chicago Press, 2004.  
press.uchicago.edu/ucp/books/book/chicago/T/bo3624268.html
    ---    Time and Place: The Geohistory of Art (Histories of Vision), London, Ashgate, 2005.
MITCHELL, W. J. T., Landscape and Power, Chicago, University of Chicago Press, 1994.
SHIELDS, Rob, Places on the Margin: Alternative Geographies of Modernity, London and New York, Routledge, 1991.

Réalisation : Centre de services en TI et en pédagogie (CSTIP) (Université Laval)