Séminaires 2010-2011

Bloc A : séminaire intégrateur

ARTH 800L/3 A - Aesthetic Theory and Art History: Texts, Issues, and Methodologies

PROFESSEURS : Dr. Kristina Huneault (Concordia) and Dr. Dominic Hardy (UQAM)
(Fall 2010) Friday 9:00-12:00, EV-3.760, Concordia
(Winter 2011) Wednesday 9:00-12:00, J-R535, UQAM

This reading-based course will explore a broad spectrum of writings by major figures in continental aesthetics and Anglo-American and French art history, creating the ground for an exchange between philosophical and art historical traditions.

Contemporary writing about art often assumes familiarity with a range of philosophers but art history students have comparatively few opportunities to encounter such texts first-hand. In the fall term students will explore a broad spectrum of writings by major figures in continental aesthetics, from Kant to Deleuze, with a particular emphasis on the twentieth century. These writings focus on the central aesthetic question of the relation between 'subjective experience and the condition of belonging to the object world' (Cazeaux, 2000, xvi), and they will enable students to develop a familiarity with philosophers who have been particularly influential on our understanding of modern art and experience. Throughout the first term students will have the freedom to encounter these writings in a non-instrumentalised way, while simultaneously working to identify and refine a philosophical question that underpins their own thesis research.

In the winter term, the focus of the reading will shift from philosophical texts on art to art historical texts that engage with philosophical concerns. Seminar discussions will explore how leading art historians have utilized the perspectives of aesthetic theory to enrich their critical practice - but have done so in ways that are methodologically particular to art history. Thus, for example, the writings of Georges Didi-Huberman can be productively understood in relation to the phenomenological concerns of Maurice Merleau-Ponty, studied in the first term; likewise, Martin Jay's analysis of the economy of vision takes on a new light when considered in relation to the writings of Marx and Adorno. Throughout the second term, students will work to develop and articulate a specifically art historical methodology with which to address the philosophical question(s) embedded in their thesis research.

The core reading list for the course, developed and proposed by the instructors, will be finalized in conjunction with the students.

Bloc B : séminaires de recherche

Automne 2010

ARTH 803L/2 A - Photographie, politique et poétique de l'actualité

PROFESSEUR : Vincent Lavoie, UQAM
Mercredi de 9h30 à 12h30 au J-4255, UQAM

La photographie n'est pas une image du XXIe siècle. Ses fondements techniques, épistémologiques et symboliques sont plutôt ceux du XIXe siècle. Pour autant, la photographie ne cesse d'affirmer sa contemporanéité dans sa façon de répondre aux appels du temps présent, que ceux-ci soient d'ordre social, compassionnel, esthétique ou politique.

Aujourd'hui encore, on attribue à la photographie une fonction mémorielle que nulle autre image ne semble pouvoir disputer. L'actualité continue de nous fournir maints exemples de cette inaltérable prérogative de la photographie. Quelles que soient les mutations technologiques et médiatiques touchant les imageries événementielles, quelle que soit la réponse des sociétés contemporaines aux événements qui l'affectent, la photographie demeure pourvoyeuse d'icônes du temps présent. À quoi est attribuable cette vivace actualité de la photographie ? Quelles sont les conditions (médiatiques, politiques, psychiques) au fondement de cette qualité préservée ? À quel imaginaire de la contemporanéité la photographie contribue-t-elle ? Quel sens donner à l'expression « photographie d'actualité » ? Sous quels aspects les procédures de médiatisation (sélection, diffusion, répétition) et de monumentalisation des images de presse (artification, exposition, remise de prix) participent-elles du présentisme de la photographie ? Que faut-il penser des rémanences du passé au sein même des images : les impressions de déjà-vu, la réitération de figures historiques, le recours à l'allégorie et à la rhétorique, etc. ? Telles sont quelques-unes des questions que ce séminaire entend aborder en interrogeant les thématiques que voici :
•    Historicité des images de presse
•    Icônes et allégorisations de l'événement
•    Instrumentalisations politiques de l'actualité
•    Valorisation éthique et esthétique des images de presse
•    Temporalités des images d'actualité
•    Imaginaires de l'enregistrement et de la transmission
•    Intermédialité et intericonicité
•    Reconstitution et réitération figurative

Si ce séminaire prend appui sur des corpus associés aux études photographiques, les problématiques ici posées instruisent plusieurs autres pratiques et domaines d'étude.

Évaluation et activités scientifiques

Ce séminaire est arrimé à la présentation les 22 et 23 octobre 2010 du colloque international « Imaginaires du présent » organisé par Vincent Lavoie dans le cadre des activités de FIGURA, centre de recherche sur le texte et l'imaginaire. Les étudiants inscrits à ce séminaire seront invités à participer à cet événement en qualité de rapporteurs. Les rapports produits à cette occasion serviront de base à l'organisation en décembre 2010 d'une journée d'étude lors de laquelle les étudiants présenteront les résultats de leurs travaux sous la forme de communications. Cette journée d'étude se tiendra également sous les auspices de FIGURA. L'évaluation de ce séminaire portera sur ces activités de recherche (rapports et communications).

ARTH 803M/2 A - Hantise et revenance en histoire de l'art

PROFESSEUR : Maxime Coulombe, Université Laval
Vendredi de 14h à 17h au EV-3.760 de l'Université Concordia

Notre rapport au temps - celui qui organise notre présent - est complexe, dense, contradictoire. Nous vivrions, selon plusieurs, à l'époque du présentisme, logique temporelle de notre « dite » postmodernité. Le passé n'apparaîtrait plus contenir des leçons à partir desquelles appréhender le présent ; il apparaîtrait de moins en moins comme le lieu de naissance de notre présent et la condition de notre futur. Comme le disait Hamlet, « Time is out of joint » : nous ne serions plus des héritiers.

Nous souhaitons dans ce séminaire réfléchir sur les figures de la revenance et de la hantise en arts contemporains et rechercher ces lieux où le temps travaille encore les représentations artistiques. Nous verrons que si nous sommes, certes, profondément marqués par le présentisme, les lieux de réflexion sur le temps en arts contemporains se multiplient : travail du deuil, absence et mélancolie, omniprésence des motifs du fantôme et du mort-vivant, survivances et nouvelles généalogies, etc. Se formulent ainsi de nouveaux rapports au temps, qu'il nous faut désormais appréhender.

Chemin faisant, il nous faudra réfléchir à la nature irrémédiablement anachronique des objets de l'histoire de l'art. Il nous faudra interroger les temporalités longues, les structures, les récurrences et les survivances animant les œuvres d'art. Réfléchir les rapports entre les œuvres d'art et le présent de leur création. Rendre compte des redéfinitions de la notion d'histoire depuis le début du XXe siècle et de ses conséquences sur la pratique de l'histoire de l'art.

Nous aborderons des objets d'étude variés tenant surtout de l'art contemporain ; malgré tout, nous ne bouderons pas notre plaisir : la peinture de Botticelli, les ruines romantiques et la photographie du XIXe siècle seront aussi mises à contribution.

Hiver 2011

ARTH 803K/4 A - Thematic Questions: 'And Say the Animal Responded?' The posthumanist challenge for architecture, geography, and landscape

PROFESSEURE : Dr. Cynthia Hammond, Concordia University
Friday 1:30-4:30, EV-3.760, Concordia

Since Donna Haraway published her book Primate Visions in 1989, there has been a flowering of theoretical writing that has sought to undermine the familiar oppositions of animal and human, nature and culture. Deeply informed by feminist and poststructuralist theory, the "posthumanist" critiques produced in various disciplines have posed a profound challenge: to reconsider, ontologically, how such binaries shape and limit our understandings of both nature and civilization, and how, further, "the animal" has been the constitutive other to human self-imaginings. Philosophers, scientists, geographers, architects, artists, and cultural historians have posed difficult and fascinating questions about the animal that we are, the animals we claim not to be, and the reciprocity between species. These questions have resonated in the worlds of architecture, art, and film; the biological metaphor in architecture has perhaps never been as strong as at present, while artists who foreground animals in their work (such as Marcel Dzama, Damien Hirst, and Olly and Suzi) have become household names. The fascination with nature and the animal, however, has uneven effects in everyday life; newspapers, magazines, books, art, and film remind us daily of the moral urgency of the ecological crisis, yet the factory farming of animals for food, leather, and fur, and animal bondage in scientific and cosmetic laboratories, not to mention zoos and theme parks, are rarely questioned.

This seminar is an introduction to the posthumanist theory described above. Rather than survey the art and architecture that could be said to be the result (or the refusal) of posthumanist inquiry, our objective in this course is instead to engage with the ideas and arguments that constitute this important but still emerging field of critical inquiry in the sciences and the humanities. Architecture and landscape, both broadly conceived, will be our consistent companions however, in that each student will be asked to think about the potential application of posthumanist theory, by producing a research/position paper at the end of the session. This paper will attempt to reconsider a building or landscape that represents or was designed with "the animal" somehow in mind. Projects could consider buildings and places such as natural history museums, zoos, farms, dog parks, or the use of nature, animal, or insect imagery as decoration (murals, architectural ornament, interior decoration themes). Alternatively, students could take an exhibition space and create a reading of its animal imagery and preoccupations, such as the Canadian galleries at the National Gallery of Canada (whose main web page presently juxtaposes Louise Bourgeois' Maman, an enormous bronze spider, with Moshe Safdie's postmodern building). Another option would be to analyse a space of "nature" in the city, such as Parc Mont-Royal, or the Eco-Museum in Ste-Anne de Bellevue, or to explore one of Montreal's recent "green" design competitions. Whatever their chosen site of analysis, all students will work with the "material-semiotic" traces of the animal in cultural, spatialized contexts, and in so doing, try the steps of posthumanist theory's "ontological choreography" (Grosz 2003, 51), for themselves.

ARTH 803N/4 A - Art, espace public, médiations

PROFESSEURE : Suzanne Paquet, Université de Montréal
Jeudi de 13h à 16h, local à préciser

L'art, sous diverses formes, participe depuis longtemps à la vie publique de la cité. Dans une économie globalisée fondée sur la mobilité, un régime économique que Jeremy Rifkin qualifie d'économie culturelle, l'art et ses manifestations prennent, dans l'espace
public, une importance accrue. Cela aurait pour effet, selon Yves Michaud, d'entraîner à la fois le triomphe de l'esthétique et la « vaporisation » de l'art.

Ce séminaire sera l'occasion de vérifier si l'art et les modèles artistiques ont un véritable pouvoir de transformation de l'espace public urbain. Il s'agira donc d'examiner le rôle médiateur de certaines formes artistiques au regard des pratiques d'organisation ou de production de l'espace, suivant quelques modalités spécifiques :

•    Les systèmes de représentation définis par l'art ou qui en sont tributaires (la perspective / les perspectives ; les images, leur reproduction et leur transmission, etc.).
•    L'usage des formes de l'art à des fins urbanistiques (l'art public ; les procédés d'aménagement urbain inspirés par des modèles artistiques ou par les dynamiques de la représentation, etc.).
•    Certaines pratiques artistiques, récentes et moins récentes, qui prennent à partie ou qui rejettent les usages institutionnalisés de l'art (artistes et collectifs travaillant directement dans les lieux publics de la ville, interventions visant à créer, à réaffirmer ou à renouveler les liens sociaux et les rapports à l'espace et à l'environnement urbains, etc.).

La théorie de l'acteur-réseau, ou sociologie de l'innovation, par laquelle on en arrive à saisir les phénomènes en traçant les associations qui font agir les acteurs, les agents et les choses - ici des artistes, des formes artistiques, des lieux, des institutions, des pratiques ou des motifs économiques, politiques, urbanistiques, culturels et spatiaux - sera le modèle d'observation employé. Cette théorie admet que les objets soient eux-mêmes des médiateurs, des opérateurs de transformation : ce sont souvent autour d'eux que se construisent les collectifs, ce qui est tout à fait juste en ce qui concerne les oeuvres d'art. Refusant le cloisonnement et un regard trop strictement disciplinaire sur les catégories d'actants, elle s'avère très productive pour l'étude des arts en situation complexe.

Les étudiants seront invités à travailler à partir de cas liés à leurs propres recherches. La notion d'espace public sera considérée dans un sens élargi, dans sa multiplicité, tissant des relations entre lieux physiques et situés, réseaux de communication et environnements médiatiques, donnant lieu à des actions et des assemblages, des débats, des formes expressives particulières.

Telle que proposée par Bruno Latour : Changer de société, refaire de la sociologie, La Découverte, 2006, entre autres.  

HAR 8004 - Les écrits d'artistes

PROFESSEURE : Françoise Lucbert, Université Laval
Vendredi de 14h à 17h au EV-3.760 de l'Université Concordia

Tout historien de l'art est forcément confronté à la lecture et à l'interprétation d'écrits d'artistes. Par « écrits d'artistes », il faut entendre un corpus très vaste, composé de toutes les formes d'écrits qu'ont pu produire les artistes : des journaux intimes à la correspondance en passant par la critique d'art, les traités théoriques ou pratiques, les textes esthétiques, historiques ou encore proprement « littéraires » (fiction ou poésie), sans oublier la prise de parole des artistes par le biais de la transcription d'entretiens ou d'échanges divers. Le séminaire proposera une réflexion méthodologique et théorique sur la manière d'aborder un tel corpus en histoire de l'art. Seront notamment mis à profit plusieurs outils provenant des études littéraires.   

Réalisation : Centre de services en TI et en pédagogie (CSTIP) (Université Laval)